Skip to Content

Jour 5 - Odaiba

Cette journée n’avait pas vraiment bien commencée. Nous cherchions deux magasins précis dans Tokyo. Faisant confiance à google pour situer au moins la bonne rue nous avions pris le métro pour nous rendre dans le nord de la ville.

Il faut savoir que trouver un endroit à partir d’une adresse est excessivement compliqué dans Tokyo. Une adresse est composée du nom de l’arrondissement, du numéro de sous arrondissement, du numéro du bloc d’immeuble et enfin du numéro de la maison dans le bloc. Il n’y a donc aucune mention de la rue dans laquelle est située ce qu’on recherche et les numéros de bloc et de maison suivent souvent l’ordre de construction des immeubles. C’est à dire que les numéros ne se suivent jamais... De plus, autant les numéros de blocs sont souvent affichés sur les lampadaires, autant les numéros de maisons sont très rares. Comment font alors les japonais ? GPS ? Instincts poussés ? Non, il y a tout simplement des petits postes de polices (« police box ») disséminés partout en ville qui renseignent les japonais, comme les touristes du chemin à prendre.

C’est comme cela qu’on s’était retrouvé dans une police box du nord de Tokyo pour savoir ou était situé le bloc d’habitation et le numéro d’habitation des magasins qu’on cherchait. A la lecture de leurs adresses, j’ai vu les sourcils du policier se froncer. Mauvais signe. Il a ensuite rangé sa carte détaillée du quartier pour sortir une carte globale de la ville. Très mauvais signe. Il nous a montré du doigt l’endroit où on se trouvait du doigt puis a fait glisser son doigt sur le quartier qu’on cherchait. J’ai cru que son doigt ne s’arrêterai jamais. Au final ils étaient simplement à l’autre bout de la ville. Echange de sourires gênés. Il nous avait ensuite très professionnellement noté le nom des métros et des changements à faire pour nous rendre sur place.

Au final, malgré les indications d’un policier sur place, nous n’avons pas réussis à localiser les magasins que nous cherchions. Une fois à la bonne adresse, aucune trace des boutiques, elles ont du fermer depuis. On s’est finalement consolé devant un bon katsudon avant de reprendre la route vers la baie de Tokyo.

Nous avons traversé le « Rainbow Bridge » pour nous rendre sur l’ile artificielle du district de Odaiba, là où se trouvait le musée des sciences émergeantes et de l’innovation.

Panoramique de l'ile Le Rainbow Bridge au fond

C’était un bâtiment gigantesque abritant des expositions de vulgarisation scientifique. Le premier atelier à l’entrée commençait par du lourd : l’informatique quantique. A première vue, je trouvais ça plutôt ambitieux, surtout à 3 mètre de l’entrée du musée. Et bien j’ai été sciée par la simplicité et la qualité des explications fournies. Après 4 panneaux et autant de petites expériences l’essentiel était là. Le principe, l’état de l’art et les perspectives d’avenir. Les ateliers suivant étaient tous de qualité égale. Tous les sujets s’étaient rapidement enchainés : robotique, domotique, conquête spatiale, réseaux informatiques, biologie, environnement, interfaces hommes-machines.

L'entrée du musée

L’atelier le plus impressionnant était le « Géo cosmos », sorte de boule à facette géante de plusieurs mètres de diamètres dans la surface est recouverte d’écran LCD. Le musée pouvait ainsi s’en servir pour afficher des images sur la surface entière de la boule, comme pas exemple des vues satellites de la Terre.

Géo cosmos Un atelier du musée

Une tablette trop classe

Le reste de l’ile artificielle comprenait de grands centres commerciaux. Un deux avait une grande roue. Comme la nuit tombait, nous y avons fait un tour pour profiter de la vue sur la baie de Tokyo sur fond du boléro de Ravel. L’ambiance musicale était plutôt spéciale dans la cabine.

Un frappacino macha et ça repart Espace Hello Kitty au centre comercial. Dur de ne pas pleurer du sang La grande roue Vues de la baie de Tokyo

Nous avons ensuite retrouvé Joseph, un ami de Sapho rencontré pendant son précédent voyage au Japon, pour nous rendre au restaurant à thème « Alice au pays des merveilles ». La décoration très chargée rappelait l’univers du roman de Lewis Carroll. Les murs étaient couverts de tentures épaisses en velours, les banquettes étaient en forme de tasse et le plus important, les serveuses étaient habillées en soubrettes aux couleurs des cartes à jouer.

Carte de l'Alice bar

Après le restaurant, Joseph, qui s’intéressait beaucoup à l’architecture, nous avait fait découvrir Tokyo du toit de quelques immeubles.

Vue du toit d'un immeuble du centre

En bonus, des vidéos prises dans la grande roue :

Jour 4 - Akihabara

Après ces trois premiers jours très denses, le réveil a été trop difficile et nous sommes accordé une grasse matinée. A notre réveil, il nous restait juste suffisamment de temps pour visiter Akihabara, la « ville électrique ». Ce quartier de Tokyo est réputé pour ces magasins d’électronique et ces salles de jeux électroniques. Son surnom vient aussi des très nombreux néons et autres affichages qui couvrent les façades des immeubles.

Cafééééé ...

A peine sortis de la station de métro, on a été frappé par le bruit et les lumières du quartier. Les « games center » sont tous ouvert sur la rue, ils inondaient la rue avec les musiques de leurs bornes d’arcade. Une multitude de micro magasins d’électronique se succédait avec chacun leur rabatteur qui hurlait les dernières promotions. Ces magasins s’agglutinaient dans des immeubles entiers, sur plusieurs étages. Il était très difficile de discerner les limites de ces boutiques qui n’excédaient pas 4-5 mètres carrés. On s’était jeté dans un de ces immeubles au hasard et c’était incroyable. Les bacs débordaient de bidules électroniques, de câbles divers et de composants. C’était une vraie caverne d’Ali-Baba.

On s’était rendu ensuite dans un game center que Sapho connaissait. Il était réparti sur plusieurs étages. Au rez de chaussée (le premier étage pour les japonais, énorme source de quiproquo...) se trouvait les UFO Catcher et les « catcha-catcha », ensuite les bornes d’arcade étaient plus ou moins répartis par genres sur les 4 étages au dessus. Il y avait des jeux de danse (DDR), des jeux de simulation d’instruments (guitar, batterie, taiko), des jeux de puzzles bizarres, des jeux de combat (street fighter et compagnie).

En plus de ça trois types de jeux m’avaient particulièrement bluffés. D’abord les jeux de combats multi-joueurs de robots. Chaque joueur entrait dans une sorte de cockpit complexe bourré de boutons. Il prenait alors les commandes d’un robot géant sur un champ de bataille virtuel où se trouvaient tout ceux présents dans les autres cockpits de la salle. Un écran géant affichait ensuite aléatoirement des vues du champ de bataille pour les non joueurs et les décomptes des scores. On avait l’impression de regarder un animé.

Ensuite, sur un peu le même principe, il y avait des jeux de stratégies. Chaque joueur était assis devant une console carrée symbolisant le champ de bataille. Il devait ensuite poser des cartes devant sur la console devant lui. Chaque carte représentait un bataillon de son armée : archer, cavaliers, arquebusiers, fantassins... Un écran affichait le champ de batailles en 3D et ses cartes étaient remplacées par des animations 3D d’un bataillon. Une armée virtuelle arrivait alors sur l’écran et le joueur commandait son armée en bougeant ses cartes sur la console. Ses bataillons se déplaçaient pour suivre la nouvelle position de ses cartes. J’aurais bien aimé tester ce jeu mais il semblait que les cartes étaient en fait un jeu de carte à collectionner. Il fallait acheter et échanger ces cartes pour avoir une armée complète et équilibrée.

Enfin, il y avait les jeux de paris sur les courses de chevaux. Les courses étaient évidemment virtuelles ! Elles se déroulaient en images de synthèse sur un écran géant et les joueurs nerveux et très concentrés prenaient des notes dans un carnet puis pariaient de l’argent sur leur petit borne.

A la nuit tombée de la nuit, nous sommes retournés chez nos hôtes qui avaient préparé un Nabé pour nous. C’est un plat convivial, plutôt de fête, qui s’apparente à une fondue. On jette pleins de légumes de saison et de champignons et de tofu dans un plat chauffant central qui contient une grosse quantité d’eau. On rajoute ensuite viande, poisson et coquillages. Une fois que tout ça a bien infusé, chacun pêche ce dont il a envie. On re-remplis alors le plat et c’est repartis pour un tour et ceux jusqu'à épuisement des stocks. A la fin, on réutilise le jus de cuisson, on ajoute du riz, du poireau et du wazabi pour faire une soupe délicieuse qui va clore le repas.

Huitres et coquillages Les délicieux champignons de saison Bière, saké, edamamé, nabé.. Tout y est :)

Ce fut également l’occasion de discuter avec nos hôtes de l’après Fukushima. Il n’y avait plus maintenant de coupures d’électricités cycliques pour alléger la charge du réseau japonais. Tout le monde était mis à contribution pour faire des efforts et limiter sa consommation électrique. Des campagnes d’affichages rappelaient partout des conseils pratiques comme de ne pas oublier d’éteindre la lumière. L’éclairage public a également été réduit et les magasins devaient baisser l’intensité lumineuse de leurs enseignes. Le gouvernement restait pourtant très inquiet pour cet hiver quand tous les japonais vont allumer leur chauffage (petit rappelle, au mois d’octobre, il faisait encore entre 22 et 28 degrés la journée).

1 2 3 4 5 6 7 8